Choisir un ERP, c’est répondre aux besoins d’aujourd’hui tout en préparant ceux de demain. À Directions EMEA 2026, j’ai retenu cinq évolutions de Business Central qui ouvrent de nouvelles perspectives pour les PME. Que permettent-elles concrètement, et lesquelles restent encore à venir ? Voici les points à retenir pour votre projet ERP.
J’ai participé à Directions EMEA 2026, à Paris, du 27 au 29 octobre. Ce rendez-vous des intégrateurs Business Central a été l’occasion de découvrir les annonces de Microsoft pour l’ERP. Elles dessinent une évolution importante : une intelligence artificielle qui ne se contente plus de répondre, mais commence à agir. Voici les cinq grands enseignements que je retiens pour les entreprises et leurs projets ERP :
- Copilot passe de la réponse à l’action dans Business Central.
- Les Business Skills aident l’IA à comprendre vos façons de travailler.
- Des personnalisations plus rapides, avec le conseil de votre intégrateur.
- Business Central arrive dans Cowork.
- Un connecteur natif relie Business Central à Microsoft Fabric.
Certaines de ces capacités sont encore en préversion ou annoncées pour les prochains mois. Elles dessinent néanmoins une direction claire : rendre Business Central plus simple à utiliser et plus facile à adapter aux besoins de l’entreprise.
1. Copilot passe de la réponse à l’action dans Business Central
Depuis la version 29 de Business Central, lancée avec la deuxième vague de mises à jour de 2026, Microsoft Copilot remplace l’ancien chat dans une expérience proposée en préversion. Il peut consulter, analyser et expliquer les données de l’ERP auxquelles l’utilisateur a accès, mais ne peut pas encore les modifier dans ce mode. Avec une licence Microsoft Copilot, Work IQ lui donne aussi accès au contexte professionnel autorisé, comme les e-mails, les réunions et les fichiers. À Directions EMEA, Microsoft a montré comment combiner ce contexte avec les données de Business Central pour préparer une présentation ou un e-mail. Ces possibilités restent à vérifier selon les fonctionnalités activées dans chaque environnement.
Avec Edit with Copilot, l’utilisateur peut demander à Copilot d’effectuer certaines opérations sans rechercher chaque écran ni chaque commande. Microsoft a notamment montré la création d’articles, de variantes, d’une fiche fournisseur et d’une commande d’achat de test. Le dispositif est conçu pour respecter les droits de l’utilisateur connecté : l’assistant ne doit pas permettre de contourner les autorisations définies dans l’ERP.
Cette évolution s’appuie aussi sur le MCP (Model Context Protocol), une passerelle qui connecte les assistants IA aux données et à certaines fonctions de Business Central, dans le respect des accès autorisés. Pour l’entreprise, la perspective est de déléguer des tâches courantes à partir d’une simple demande, tout en précisant les opérations qui nécessitent une validation humaine.
Microsoft confirme un accès anticipé en préversion à Edit with Copilot pour les partenaires depuis le 27 octobre 2026. La préversion publique est annoncée pour 2027.

2. Les Business Skills aident l’IA à comprendre vos procédures
Dans les PME, les processus peuvent être complexes et peu documentés. Les procédures sont dispersées entre plusieurs supports, et une partie du savoir-faire repose parfois sur quelques personnes clés. Essentielle au fonctionnement de l’entreprise, cette connaissance reste difficile à transmettre à de nouveaux collaborateurs, et encore plus à un agent IA.
Présentés à Directions EMEA 2026, les Business Skills sont des consignes rédigées en langage naturel pour expliquer à Copilot et aux agents les façons de travailler de l’entreprise. Ils peuvent leur donner des repères sur le vocabulaire, les règles métier et les exceptions à prendre en compte. L’objectif : des réponses plus pertinentes et une meilleure assistance au quotidien. Lors de la conférence, un accès anticipé pour les partenaires a été annoncé pour les semaines suivantes ; son ouverture effective reste à confirmer.
En attendant de pouvoir tester, je vois dans ces Business Skills un levier concret pour accompagner la croissance des PME : rendre leur savoir-faire plus facile à transmettre et à mobiliser, y compris par l’IA. Si vous avez pour projet de vous équiper prochainement d’un ERP, je vous recommande d’ailleurs de commencer documenter les façons de travailler propres à votre organisation : recueillir les connaissances, clarifier les étapes et les responsabilités, documenter les exceptions. Il faudra ensuite vérifier, sur des cas concrets, que les agents interprètent correctement les consignes. L’intérêt est double : mieux structurer l’organisation et préparer les agents à aider les collaborateurs au quotidien.
3. Des personnalisations plus rapides, avec le conseil de votre intégrateur
Avec Customize with Copilot, dont la préversion partenaires est annoncée pour janvier 2027, Microsoft veut permettre de créer des extensions spécifiques à partir de demandes formulées en langage naturel. Par exemple, À Directions EMEA, la démonstration portait sur l’ajout d’un champ sur une fiche fournisseur. Pour les clients, la perspective est concrète : adapter Business Central à leurs besoins plus rapidement, avec des coûts de développement potentiellement réduits.
Pour des besoins simples, les équipes à l’aise avec la technologie pourront peut-être créer elles-mêmes certaines personnalisations. Les demandes plus complexes nécessiteront de vérifier que l’extension répond au besoin et fonctionne correctement dans l’ERP. Microsoft recommande d’ailleurs d’intégrer ces personnalisations au processus habituel des équipes de développement : le résultat produit par l’IA ne doit pas être considéré comme prêt à l’emploi. L’accompagnement doit donc s’adapter à la complexité de la demande, sans s’opposer à l’autonomie du client.
Le consultant Business Central garde un rôle essentiel, dès le cadrage : questionner la demande, préciser le besoin et vérifier que la solution répond au bon problème. L’intégrateur accompagne ensuite les tests et la validation de l’extension dans l’ERP. L’objectif est de tirer parti de l’IA pour consacrer moins de temps à produire du code, sans sacrifier la qualité du résultat.
4. Business Central arrive dans Cowork
Avec l’arrivée de Business Central dans Cowork, Microsoft veut aller plus loin que la simple conversation avec les données de l’ERP. Cowork est conçu pour prendre en charge une tâche qui lui est déléguée et exploiter Business Central pour rechercher et analyser les informations nécessaires. Lors de Directions EMEA, Microsoft a notamment présenté un scénario d’analyse des mouvements de trésorerie clients, depuis les créances jusqu’aux comptes bancaires, avec la génération d’un diagramme de Sankey interactif.
L’intégration repose sur le serveur MCP de Business Central. Cette passerelle permet à Cowork d’accéder aux API et aux requêtes API de l’ERP. Elle lui permet aussi de découvrir les tables, leur structure et leurs relations, pour interroger des données sans API dédiée. Cowork peut également exploiter les agents personnalisés présents dans Business Central. Ces accès restent soumis aux droits de l’utilisateur connecté.
5. Un connecteur natif Business Central pour Microsoft Fabric
Ce que je retiens de ces cinq évolutions, c’est une double direction : une IA plus présente dans le travail quotidien et des données de Business Central plus faciles à exploiter pour l’analyse. Pour une PME, l’enjeu n’est pas d’adopter chaque nouveauté. C’est d’identifier les usages utiles à ses équipes, à partir des fonctionnalités disponibles aujourd’hui, puis d’évaluer ce que les évolutions annoncées pourront apporter.
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